Google is not be evil !

Google is not be evil... vraiment ?

Si on peut dire et reconnaître que les produits et services de G. sont plutôt de bonnes factures on peut aussi lui reconnaître ses qualités à déjouer tous les droits inhérents à la fiscalité, au droit social, droit à la concurrence...

Quelques exemples.


# Pratiques juridiques

. Optimisation fiscale, Google a payé 17 millions d’euros d’impôts en France en 2018 pour un CA de 411 millions d'€.
Les revenus générés par ses activités publicitaires sont déclarés en Irlande.

. Pratique anticoncurrentielle :
Abus de position dominante sur le marché des moteurs de recherche en favorisant son propre service de comparaison de prix "Google Shopping" au détriment de services concurrents,
Position dominante d'Android,
Pratiques anticoncurrentielles concernant sa régie publicitaire AdSense.

. Rachat d'entreprise, soit pour les intégrer au groupe soit les faire disparaître
La liste est longue !
> Liste des acquisitions de Google
> Sur webrankinfo.com

. Dangerosité du Cloud Act pour les européens
Le Cloud Act, adopté quelques mois après le RGPD, permet aux forces de l'ordre américaines de contraindre les fournisseurs de services américains à fournir les données demandées stockées sur des serveurs, qu'ils soient situés aux États-Unis ou pas.
En clair, Microsoft, Google, Amazon, Facebook et consorts ne sont plus en aucune mesure de garantir la confidentialité des données, même si ces dernières sont stockées en Europe !
> Pourquoi et comment échapper aux géants du Net

# Pratiques techniques

Une des activités de Google consiste à récupérer le plus de données possibles de ses utilisateurs, dont celles des 95% de français qui utilisent leurs services !
Des données comme l'âge, l'adresse, les préférences films, livres, musiques, achats, données bancaires (partenariat avec Mastercard), de géolocalisation, messages privés...

. Pas de chiffrement

L'exemple de Gmail (service de messagerie) qui depuis sa conception en 2004 il n'a jamais été mis en place de protocole de chiffrement permettant la confidentialité des données des internautes.
Même aujourd'hui avec le 'mode confidentiel' activé :
« Google peut voir le contenu de vos messages et a la capacité technique de les stocker indéfiniment, quelle que soit la date d'expiration que vous fixez. En d'autres termes, le mode confidentiel n'assure aucune confidentialité à l'égard de Google ».
> Le mode confidentiel de Gmail

L'anonymisation des données personnelles : secteur de la santé, secteur bancaire, secteur de l'assurance...
Aujourd'hui, si des données ont été anonymisées, 83% des Américains peuvent être ré-identifiés à partir des trois critères que sont le genre, la date de naissance et le code postal.
Et ce chiffre monte à 99,98% à partir de 15 critères démographiques (âge, genre, lieu, métier, etc.).
> Données personnelles : une étude enterre (définitivement) l'anonymat

Créer un écosystème propre à Google

. Techniques de référencement, Google Ads....

Google fait en sorte que son moteur de recherche soit l'unique référent.
Par exemple, en 2017, il verse à Apple 3 milliards de $ pour l'installation de Google Search dans ces services.

. " Featured snippet " ou " Zero position "
Blocage des internautes sur la 1ère page du moteur de recherche

" Une étude le confirme : on clique de moins en moins sur les résultats de recherche. Une problématique majeure pour les éditeurs de sites internet."
Google : la tendance « Zéro clic » se confirme, 49% des recherches s’arrêtent à la lecture des résultats

Qu'est que cela signifie ?

49% des recherches sur Google s’arrêtent à la page de résultats sans aucun clic ou visite vers une page ou un site web.
On appelle cela des recherches «no click».
Les internautes considèrent qu’ils n’ont plus besoin de cliquer !
Pourquoi, Google donne la réponse directement.
Comment, en se réappropriant l'information d'un site web qu'il estime pertinent.

Le moteur de recherche utilise les contenus des sites web qu'il référence !
On comprends pourquoi certains sites web subissent une baisse de fréquentation.

On assiste à une aspiration par Google d'un volume toujours plus croissant de contenu (de site web).
Google Search devient non plus un moteur de recherche mais un moteur de réponse (unique).
> Le secret de Google pour réussir: piller les sites qu'il référence

. Format AMP

Le format AMP est un format de page web (comme peut l'être le HTML) pour mobile.
Initié par Google en 2016, et non par le consortium W3c (qui définie les standards du web).

Ce format allégé permet à Google de mettre en cache, sur ses propres serveurs, le contenu d'un site dépouillé de tout graphisme inutile, les éléments dynamiques sont aussi désactivés et les styles CSS sont également simplifiés.
Par conséquent les sites web perdent de leur attractivité mais surtout leur identité.

Imposer ce format est pour G. la possibilité de s'assurer une domination technique mais aussi l'accès aux sites web qui éditent du contenu - pertinent ou pas.
> Chris Graham: Why Google AMP is a threat to the Open Web

. Simplification des URL
Supprimer notamment le "www" ainsi que le "https".

L'url d'un site web permets d'identifier la source et son niveau de sécurité.
Cette volonté, au nom de la simplification et de la convivialité, à raccourcir les url, conduirait à masquer des éléments importants sur la nature du site web.
> Google veut simplifier les URL sur Chrome, une idée qui inquiète


Que doit-on prédire ?
Avec l'utilisation des " Featured snippet " (pour son moteur de recherche) et cette détermination à imposer ce format AMP (pour les sites web) peut-on en déduire qu'il y a une volonté discrète à opacifier l'origine d'un site web, l'origine d'une source d'information !?
Que doit-on comprendre... que G. veut se réapproprier le web pour son propre compte ?
Que le web dans 10 ans sera Google - donc américain avec ses propres lois ?


# Amendes :

. Abus de position dominante sur le marché des moteurs de recherche en favorisant son propre service de comparaison de prix : 2,42 milliards d'€
. Position dominante d'Android : 4,34  milliards d'€
. Pratiques anticoncurrentielles concernant sa régie publicitaire AdSense : 1,49 milliards d'€


Avec ces quelques aperçus, des activées liées à Google et de quelques compagnies américaines, que devons-nous en conclure ?

Une grande difficulté pour l'UE à contenir ces géants du numérique, devenus des multinationales soutenues par le droit américain.

Mais aussi, une absence de prise de conscience des français et des européens sur l'implication des entreprises US et du droit américain sur notre sol, et en quoi cette hégémonie peut nous conduire à la fin de notre propre autonomie (souveraineté nationale et européenne) :
manipulation du marché, manipulation d'opinion (ex. de cambridge analytica), veille économique...
> Hégémonie du droit américain


Si deux tiers des Français se disent préoccupés par la protection de leurs données personnelles, 59% seraient toutefois prêts à vendre ou à donner leurs informations de géolocalisation ou leurs historiques de recherche à des entreprises.
Au nom de la gratuité et de l’amélioration de service.

Malheureusement beaucoup sont encore à penser... " en quoi est ce un problème " :
 si mes mails ne sont pas chiffrés et lus par Google,
 si j'utilise des services Clouds américains,
 si j'utilise Google Drive pour mes activités professionnelles,
 si j'optimise mon site uniquement pour le moteur de recherche,
 etc.

Atteinte à la vie privé, atteinte à la concurrence, distorsion de marché, cloud Act, atteinte à la neutralité du web... sont apparemment des sujets qui ne sensibilisent pas les utilisateurs.

OK Google ... pour 1 seul web - 1 seul moteur de recherche - 1 seul navigateur (ou enceinte !) - 1 seule réponse !
La dictature du numérique serait-elle en marche... ?


Au cas où... si ça peut intéresser !

. Comment trouver des alternatives ?
. Comment se débarrasser de Google - Kobalt Fév. 2019
. Pourquoi et comment échapper aux géants du Net